Comment la robotisation du travail a-t-elle modifié son organisation ?

La mutation du marché du travail est à l’œuvre depuis de nombreuses années. En effet, entre 1995 et 2015, la part des emplois manufacturiers a baissé de 20 %, tandis que celle des emplois dans le secteur des services a augmenté de 27 %. Cette transformation se poursuit à un rythme effréné. Elle impose à des dirigeants de gérer des situations complexes et d’accompagner ce mouvement pour préserver la compétitivité de leur entreprise.

 

La capacité de remplacer l’homme

Avec l’essor de l’intelligence artificielle, du big data, des nouvelles technologies et de la robotisation, tous les postes d’une entreprise se transforment. Ce changement est profond. La révolution industrielle marque l’arrivée des robots dans le monde du travail. Ces derniers se sont substitués à l’homme pour réaliser des tâches pénibles et récurrentes. Avec la révolution numérique, la robotisation se sophistique grâce notamment à l’intelligence artificielle (IA) qui dote les robots de la faculté d’anticiper des situations et donc à proposer ou à effectuer des actions raisonnées.

Pour l’homme, le défi est dans sa propre capacité à s’adapter à ce changement.

 

Un mouvement qui se développe

Car d’après l’OCDE, du fait de l’automatisation, 14 % des emplois disparaîtront dans nos régions au cours des vingt prochaines années. Et près de 32 % des postes subiront des changements en profondeur. Est-ce à dire qu’il y aura moins d’emplois ? Pas nécessairement, répond l’organisation : « Alors que les progrès technologiques rendent certains emplois obsolètes, ils vont aussi en créer de nouveaux. » Plus techniques et, donc, mieux rémunérés.

 

Accompagner ce mouvement…

Dans son rapport sur L’Avenir du travail d’avril 2019, l’OCDE tente de désamorcer les peurs et de dresser un bilan des avantages liés aux progrès techniques. L’organisme international tire, surtout, la conclusion suivante : « il nous faut un système efficace de formation tout au long de la vie, qui ouvre de nouvelles perspectives aux moins qualifiés, ceux que l’automatisation menace en premier lieu. » Il suffit de regarder l’exemple du géant américain du e-commerce Amazon pour s’en convaincre.

 

… et l’anticiper

Dans son rapport, publié il y a un an, le député et mathématicien de renom Cédric Villani juge qu’il faut « donner du sens » à ces technologies. Il appelle à une réflexion sur leurs rapports et leur mise en application dans le monde du travail. Parmi les pistes proposées : la création d’un réseau d’instituts interdisciplinaires d’intelligence artificielle, la mise en place d’un supercalculateur et l’augmentation de l’attractivité des carrières de la recherche publique qui sont, bien souvent, synonymes de bureaux empoussiérés et de rapports rapidement tombés dans les oubliettes.

 

La France en retard

En matière de robotisation, la France est à la traîne. Le classement 2018 de l’International Federation of Robotics montre qu’il n’y a, dans l’Hexagone, qu’un robot pour cent salariés dans l’industrie. La faute, là encore, à un manque de formation. On en recense deux aux États-Unis et trois en Allemagne ou au Japon, ce dernier pays étant toujours à la pointe dans ce domaine.

 

De grands groupes se lancent.

Certains grands groupes ont toutefois su intégrer les robots dans leur processus de décision et de production. C’est le cas, par exemple, du géant de l’aéronautique Airbus, qui a lancé un programme de recherche visant à développer des robots humanoïdes manufacturiers. Dans le secteur bancaire, le robot Watson, développé par IBM, a pour mission de vendre des crédits à la consommation aux clients. On retrouve également ces robots-assistants, également appelés Chatbot, chez l’opérateur télécoms Orange ou l’électricien EDF.

 

La robotisation se diffuse dans tous les secteurs de l’entreprise. Elle permet à l’homme de libérer du temps et de se dédier à des tâches de plus en plus prospectives. Pour accompagner ces mouvements, un entrepreneur doit s’entourer de cadres compétents et expérimentés dans la transformation du monde du travail.